Médiathèque Boris Vian de Louviers

By | December 4, 2017

« Il y a un truc qui cloche dans ce village.

Et pas qu’un peu.

» Le village "Unterleuten", c’est un peu l’endroit où je vis depuis 10 ans, dans mon imagination.

Aujourd'hui, j’en connais le moindre recoin, le moindre gravier.

Il a pu m’arriver de demander à mon mari pendant que nous nous promenions : « Comment va Linda? » et qu'il me jette alors un regard en me demandant : « Qui est Linda? ».

Je réalisais ensuite que Linda n'était en fait qu'un personnage dans mon livre.

« Nous voulons tous le meilleur pour Unterleuten.

Chacun à notre façon.

» Ce qui me fascine dans les petits villages, ce sont les ragots qui jouent un rôle important au quotidien ; un système de « radio de village » en quelque sorte.

Ce qui veut dire, qu’au lieu de discuter entre eux, les habitants passent la plupart de leur temps à parler des autres et se persuadent qu’ils sont au courant de tout.

Si on y regarde de plus près, on se rend compte qu’il ne s’agit pas de faits réels, mais plutôt de rumeurs et de légendes que colporte cette « radio ».

Des diffamations sont alors propagées et il se tisse une sorte de réseau, comme une toile d’histoires et de récits, qui influencent à leur tour le comportement et les décisions des habitants.

Parfois, ce phénomène engendre de la violence.

« Les habitants d’Unterleuten réglaient leurs problèmes à leur façon.

Ils les réglaient entre eux.

» J’ai écrit ce livre car je m’intéresse à la question de l’origine des crimes, ou comment les guerres en viennent à éclater.

Notre analyse est toujours relativement réductrice et nous nous imaginons, qu’il y aurait en quelque sorte des bonnes et des mauvaises personnes, ou encore des gens normaux et des gens fous.

Les méchants et les fous seraient donc ceux qui commettent les crimes et qui deviennent des criminels.

Mais en réalité, la majeure partie des personnes sur terre ne pensent pas à mal, et au contraire, veulent le bien.

Mais malgré tout, des choses terribles se produisent.

C’est exactement ce qu’il se passe dans le village du roman.

Personne ne pense à mal, et pourtant, ce mal advient ! « S’il y a une chose que j’ai apprise à Unterleuten, c’est que chacun habite son propre univers dans lequel il a raison du matin au soir.